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3 - L'eau virtuelle

Le concept d’ "eau virtuelle" est apparut dans les années 1990 pour évaluer l'eau utilisée pour la production de biens de toutes sortes, qu’il s’agisse de biens matériels ou alimentaires. Ce concept, touche à de nombreux secteurs et aborde des questions comme la réduction des pressions exercées sur les ressources en eau, la sécurité alimentaire, les marchés de l’eau.

La question de l'eau virtuelle permet de calculer son empreinte sur l'eau, c'est à dire la pression excercée par un individu ou par un pays sur l'eau.

Sommaire

3.a - Le concept d'eau virtuelle

C'est dans les années 1990 que J.A. Allan définit le concept d’eau virtuelle comme étant l’eau utilisée dans le cadre du procedé de production d’un produit agricole ou industriel. Et cela, même si l’eau n’est plus présente dans les produits finis.

Exemple de produit contenant de l'eau virtuelle

La production d’un kg de Volume d’eau utilisé
Lait 790 l
Riz 1 400 l
Porc 4 600 l
Bœuf 13 500 l
Coton 7 000 à 29 000 l
Volaille 4 100 l
Oeufs 2 700 l
Papier 400 l
Café torréfié 20 686 l

3.b - Les flux d'eau virtuelle dans le monde.

Avec les échanges entre les nations, il existe un flux d’eau virtuelle entre les pays exportateurs et les pays importateurs de marchandises.

Les régions qui possèdent un solde exportateur d’eau virtuelle sont : l’Amérique du Nord, l’Amérique du Sud, l’Océanie et l’Asie du Sud-Est. Par exemple, le solde exportateur d’eau virtuelle des Etats-Unis représente un tiers des prélèvements d’eau effectués dans le pays.

Les grandes régions importatrices d’eau virtuelle sont : l’Asie centrale et du sud, l’Europe occidentale, l’Afrique du nord et le Moyen-Orient. L’Asie est une région fortement peuplée. Ceci explique les fortes importations nettes d'eau virtuelle.

D’après l’UNESCO, les échanges de produits agricoles constituent 67 % du commerce de l’eau virtuelle. En effet, l’agriculture est la première utilisatrice d’eau : 70 % de l’eau disponible sur terre sert à l’irrigation des champs.

Une pratique qui se répand partout dans le monde, car le choix des cultures n’est plus décidé en fonction des conditions naturelles du pays mais en fonction de considération économique.

Entre 1995 et 1999, le blé représentait 30 % du volume des échanges d’eau virtuelle entre les pays, le soja 17 % et le riz 15 %. Egalement importante en terme de volume : la viande de bœuf, dont les Etats unis et l’Argentine sont de gros producteurs.

Stratégies développés par les pays.

Pour réduire la pression sur leur ressource en eau, certains pays choisissent comme stratégie de ne plus produire les biens qui consomment de grande quantité d’eau mais de les importer.

A titre d’exemple, produire une tonne de céréale ou de blé nécessite environ 1 000 m3 d’eau; pour la même quantité de riz, il faut deux fois plus d’eau. La valeur de l’eau utilisée pour produire ces denrées alimentaires de première nécessité, dans des pays affectés par des pénuries d’eau, finit par être plusieurs fois supérieure à la valeur des produits. Par conséquent, en important des produits bon marché, ces pays peuvent réduire les tensions exercées sur leurs propres ressources en eau. (extrait du site : www.wateryear2003.org)

C’est le cas de la Jordanie qui importe sous forme d’eau virtuelle 60 à 90 % de ses besoins d’eau domestique. Toutefois, cette stratégie créée une dépendance du pays en terme alimentaire et supprime les revenus des agriculteurs.

L’autre stratégie qui peut être appliquée serait d’améliorer les techniques d’irrigation. On peut supprimer le drainage des champs, Planter sous couvert pour limiter l’évaporation, enherbé le sol pour réduire l’érosion et adopter un système d’irrigation par « goutte à goutte ».

Photos

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10 premiers pays exportateurs d'eau virtuelle

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10 premiers pays importateurs d'eau virtuelle.

3.c - L'empreinte sur l'eau

L’eau virtuelle permet de calculer l’empreinte sur l’eau d’un pays c’est-à-dire la demande qu’il exerce sur les ressources en eau de la planète.

Saviez-vous que l’empreinte sur l’eau d’un pays = la consommation d’eau du pays + les importations – les exportations. Au niveau individuel, l’empreinte sur l’eau est égale à la somme d’eau virtuelle contenue dans les produits consommés.

70 % des retraits d’eau douce sont réalisés pour la production de nourriture. Notre empreinte sur l’eau varie principalement en fonction du régime alimentaire. Un végétarien consommerait 2 600 l d’eau par jour tandis qu’un régime alimentaire riche en viande consommerait 5 400 l d’eau virtuelle par jour.

Par conséquent, contrôler nos régimes alimentaires, en particulier dans les pays développés, contribuerait à utiliser les ressources disponibles de façon plus judicieuse.
Vous aussi, vous pouvez calculer votre empreinte sur l’eau http://www.waterfootprint.org/WaterFootprintCalculator_IndvExtnd.asp