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Les marais de Kaw, commune de Régina

Les marais de Kaw, commune de Régina

Présentation de la réserve naturelle de Kaw- Roura

La réserve naturelle des marais de Kaw-Roura a été créée le 13 mars 1998 et est gérée par l’association Arataï. C’est la deuxième plus grande réserve naturelle (avec ses 94 700 ha) et la plus vaste zone humide de France.

En effet, la plaine, les marais et la forêt humide de Kaw sont reconnus Zone Humide d’importance internationale (convention RAMSAR). Cette dernière sert de cadre à l'action nationale et à la coopération internationale pour la conservation et l'utilisation rationnelle des zones humides et de leurs ressources.

La plaine mais également la montagne de Kaw sont connues pour leur fort endémisme mais également pour leur biodiversité exceptionnelle. En effet, la forêt de la Montagne de Kaw possède la plus forte pluviométrie de la Guyane, ce qui expliquerait qu'elle aurait servi de refuge pour la faune et la flore lors des périodes de grandes sécheresses de l’ère du Pléistocène.

Une biodiversité exceptionnelle.

Deux cours d’eau principaux traversent cette plaine : la rivière de Kaw qui prend naissance sur le flanc sud de la Montagne de Kaw et sur le versant nord des Monts de l’Inéry ; et la crique Angélique qui draine le versant nord de la Montagne de Kaw. La végétation, moins dense que celle des forêts, offre un abri précieux à une faune riche, variée, surprenante mais fragile.

Les trois espèces les plus emblématiques du marais demeurent l’Hoazin huppé, l’atipa et le caïman noir.

  • L’hoazin huppé est le seul oiseau ruminant connu au monde. Il se nourrit principalement de feuilles de moucou-moucou. Cet oiseau a la particularité de voler très mal. Son poussin possède deux griffes à chaque aile qui l'aident pour se déplacer dans la végétation arbustive.
  • L’atipa peut vivre dans une eau pauvre en oxygène, en saison sèche par exemple, il s’enfouit dans la vase et peut y séjourner ainsi plusieurs mois. Il possède une cuirasse et il peut se mouvoir à petits pas sur le sol grâce à deux « pattes ». C'est un ressource importante et un poisson réputé pour sa chair en Guyane.
  • La population de caïman noir du marais est considérée par les scientifiques comme l’une des dernières populations viables au monde, avec celle du Pérou. Concentrée au cœur du marais, là ou l’action de l’homme ne se fait pas ressentir, les individus adultes peuvent atteindre 5-6 mètres de long. Le caïman noir a été très chassé pour sa chair et sa peau ainsi, depuis mars 1973, il est intégralement protégé par la convention de Washington.

La plaine est en continuité avec le bassin amazonien et de ce fait, est peuplée d’espèces amazoniennes telles que le caïman noir, la tortue matamata, la buse ardoisée et le toucan toco. Ainsi, plus de deux cents espèces d’oiseaux vivent dans cet espace parmi lesquelles, occasionellement le Tantale d’Amérique, la Cigogne maguari ou la Spatule rose.

Les oiseaux jouent un rôle primordial dans la naissance de la chaîne alimentaire aquatique du marais. En effet, au moment de la reproduction, au niveau de certaines mares, de grandes colonies d'échassiers nichent et fertilisent les eaux par leurs déjections.

Au niveau de la faune aquatique, le marais de Kaw possède un large panel d’habitats qui permet aux poissons comme le yaya koumarou (Metynis lippincotianus) ou le prapra soleil (Astronotus ocellatus), aux grands mammifères comme le lamantin ou les reptiles avec le lézard caïman, d’y élire domicile.

Une réserve habitée.

La réserve naturelle de Kaw- Roura a la particularité d’être habitée par une soixantaine de personnes formant ainsi le village de Kaw. Ces derniers vivent de la pêche, de l'agriculture traditionnelle sur brûlis. On peut observer un élevage extensif de zébus dans les zones inondables.

Avec l’attrait des touristes pour ce site magnifique, les villageois se tournent vers le tourisme en proposant des structures d’hébergement, de restauration entre autre.

Pour lier accueil et préservation du site naturel, l’association ARATAI, gestionnaire de la Réserve Naturelle, dispose d’une équipe de gardes-animateurs qui surveillent, informent sur la réglementation en vigueur dans la réserve pour préserver la fragilité de cet écosystème. En effet, quatre zones ont été définies dans la réserve où la circulation, la pêche, la chasse sont réglementées. L'association Arataï possède également une exposition à destination des visiteurs dans la Maison de la Réserve à l'entrée du village de Kaw.

L'incontournable canal de Kaw.

Le canal de Kaw

est le plus ancien de Guyane. Il fut creusé par les esclaves, à la fin du 18ème siècle, à l’initiative de l’ingénieur Guizan, afin de relier la rivière de Kaw au fleuve Approuague. Long de 7 700 m, il avait pour objectif de faciliter la mise en place d’habitations en permettant l’assèchement des terres et le transport des produits.

Les terres poldérisées ont permis la mise en place d’exploitations de canne à sucre, de roucou et d’épices. Un
survol du marais permet d’apercevoir ces vestiges de l’époque.

Crédit : I. Valquin (SEPANGUY)

Contacts :

Association ARATAI
1 lot. des nénuphars
97354 REMIRE-MONTJOLY
tel : 0594 28 40 20
Fax : 0594 28 40 19
Mèl : aratai@wanadoo.fr

Maison de la réserve de Kaw- Roura
Bourg de Kaw
97353 Kaw
Tel : 0594 27 08 02.
Fax : 0594 31 28 61
Mèl : réserve.kaw@wanadoo.fr