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2 - Une biodiversité exceptionnelle

Une faune variée et spectaculaire vit dans les eaux marines au large de la Guyane. Les eaux chaudes et l’apport alluvionnaire des grands fleuves font que de nombreuses espèces y ont élu domicile tels le lamantin, le requin pointe noire, le mérou et les tortues marines...

Sur les plages, sur les rochers, ou dans les vasières, la biodiversité n'en est pas moins riche avec plus de deux cents espèces d’oiseaux qui sont inféodés aux milieux humides côtiers. Chaque année, les côtes de la Guyane accueillent une centaine de limicoles, c’est à dire des oiseaux qui vivent et se nourrissent dans la vase.

Sommaire

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Eclosion d'une tortue verte

2.a - Sur terre

La diversité des côtes permet d’admirer une variété d’animaux qui viennent y manger, se reposer ou se reproduire.
Les plages guyanaises accueillent également des oiseaux remarquables. On peut citer la sterne fuligineuse qui est reconnaissable, parmi toutes les sternes, par son habit noir et blanc. Elle effleure la surface de l’eau pour attraper les poissons et les crustacées. On peut également observer des limicoles par exemple le tournepierre à collier ou le bécasseau maubèche se nourrissant à marée basse dans la vasière.

Les échassiers ne sont pas en reste, 24 espèces fréquentent les plages de la Guyane. Ces espèces se caractérisent par leur plumage et leur morphologie. Par exemple, le héron cocoï qui est le plus grand des hérons d’Amérique du Sud. Il arbore un manteau gris, un ventre blanc, son cou est long et mince. Cet héron se nourrit de poissons, de grenouilles et d’insectes aquatiques. Il pêche à l’aube et au crépuscule.

Lorsque le besoin se fait sentir, un mammifère d’exception peut arpenter les plages de la Guyane. Il s’agit du jaguar ! Ce dernier représente le seul félin d’Amérique du Sud. Puissant et secret, ce grand prédateur peut s’attaquer à des proies faisant trois fois à quatre fois son poids.

Une île rocheuse classée en Réserve.

L'île du Grand Connétable est classée en réserve naturelle par décret ministériel, en décembre 1992. C’est une réserve nationale, dont la gestion a été confiée à l’association Arataï. L’île du Grand Connétable accueille chaque année plusieurs milliers d’oiseaux marins tels que les frégates superbes (Fregata magnificiens) ou les sternes royales (Sterna maxima).

Située à 15 kilomètres au large d’une côte essentiellement constituée de vasières et de mangroves, ce rocher est unique sur le littoral et constitue la seule colonie de reproduction des oiseaux marins entre l’Amazone et l’Orénoque.

C’est près de la moitié de la population mondiale de sternes de Cayenne (Sterna eurygnatha) qui vient chaque année se reproduire sur l’île, avec près de 10 000 couples, et environ la moitié de la population caraïbes de sternes royales avec environ 1 500 couples.

La colonie de frégates superbes fait l’objet de recherches scientifiques de la part de l’équipe « oiseaux marins » du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), avec notamment l’utilisation de balises Argos.

A cause de la grande sensibilité du site, le débarquement sur l’île est interdit. Le personnel de la réserve, constitué d’un conservateur et d’un agent, travaille toute l’année à la préservation et à l’étude de ce site exceptionnel. La conservation de l’avifaune est le premier objectif de gestion de la réserve, cependant le milieu naturel sous-marin fait également l’objet d’un intérêt particulier.

Les îles du Connétable sont des habitats importants pour les tortues vertes (Chelonia mydas) qui viennent s’y reproduire, ainsi que pour les mérous géants (Epinephelus itajara), espèce classée en danger critique d’extinction par l’Union mondiale pour la nature (IUCN).

Photos

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Tournepierre à collier

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Bécasseau

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Ile du Grand Connetable

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La sterne royale et la sterne de Cayenne

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Frégate superbe

2.b - Dans l'océan

Si la forêt et les criques guyanaises sont largement étudiées et reconnues mondialement pour leur biodiversité, on tourne trop souvent le dos à l'océan, peut-être en raison de sa couleur café au lait. Cependant, il s'agit d'un milieu riche d'une grande diversité d'espèces qui pour certaines, sont menacées d'extinction.

Les eaux chaudes tropicales et l'apport alluvionnaire des grands fleuves amazoniens ont pour conséquence qu'un grand nombre d'espèces ont élu domicile au large des côtes guyanaises.

Avec un peu d’observation et de chance, on peut voir des cétacés parmi lesquels le dauphin commun. C’est l’un des plus beaux dauphins avec le dessin le plus marquant et un comportement très acrobatique. Il mesure en moyenne 2 m pour un poids variant entre 75 et 130 kg. Il peut atteindre une vitesse de 65 Km/h.

D’autres espèces d’exception fréquentent les eaux guyanaise, la raie manta, la raie léopard ou bien encore l’imposant mérou. Le requin pointe noire est très commun et croise au large le requin baleine, véritable géant des mers avec ses 9 m de long.

Comment ne pas citer les fameuses crevettes qui s’exportent au-delà des frontières. Il existe environ 146 espèces de crustacés recensées dans les eaux marines de la Guyane.

Le dauphin sotalie côtoie des espèces remarquables telles que la raie manta, la raie léopard ou bien encore l’imposant mérou. Le requin pointe noire est très commun et croise au large le requin baleine, véritable géant des mers avec ses 9 m de long. Comment ne pas citer les fameuses crevettes qui s’exportent au-delà des frontières.

La tortue luth

Chaque année, le littoral guyanais est un lieu de rendez-vous tant pour les touristes locaux et étrangers que pour la communauté scientifique, car il accueille trois des sept espèces de tortues marines existant à travers le monde.

Entre les mois de février et d’août, la tortue verte, la tortue olivâtre et la tortue luth viennent pondre régulièrement sur les plages de la Guyane. Ces espèces sont considérées en danger parfois critique d’extinction, et sont de fait inscrites sur la liste rouge de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN). La plage de la commune d’Awala-Yalimapo, dans l’ouest de la Guyane, est considérée comme l'un des plus grand site de ponte de tortue luth au monde.

Appelée en créole : tortue Kawann, c’est la plus grande tortue marine au monde : la longueur moyenne de la dossière des femelles est d’environ 1,55 m leur poids moyen s’élève à quelques 3 400 kg. Cette tortue est la dernière représentante de la famille des Dermochelyidés.

Facilement reconnaissable parmi les autres espèces de tortues marines par sa taille, mais également par l’absence d’écailles dorsales, la tortue luth a une dossière ayant l’aspect du cuir, d’où son nom anglais de « tortue à dos de cuir », composée de 7 crêtes longitudinales.

On la retrouve dans pratiquement toutes les mers et tous les océans tempérés, tropicaux et sub-tropicaux du globe. Selon les observations effectuées à terre sur les spécimens échoués et en mer sur des animaux nageant en surface, il semblerait que les méduses constituent le régime alimentaire principal des tortues luth.

La population mondiale de tortue luth décroît régulièrement. En effet, sur la base de recensement de femelles venant pondre sur les plages, le nombre d’individus a été estimé à 115 000 en 1982 et à 34 500 en 1995. Il existe de nombreuses menaces qui pèsent sur les tortues à chaque stade de développement :

  • les menaces naturelles qui sont liés à la spécificité des rivages guyanais (vase, présence de bois morts sur la plage, érosion qui créée de mini-falaise etc) mais également aux prédateurs des tortues (le téju, les Urubus, les ratons crabiers).
  • les menaces anthropiques : le braconnage, la pollution des plages et de la mer (déchets, hydrocarbure), les interactions avec les filets de pêche.

Depuis 2000, les scientifiques du CNRS de Strasbourg équipent les femelles luth de Guyane de balise ARGOS, afin de préciser leur biologie en mer, encore mal connue, et afin d’identifier les zones préférentiellement fréquentées par les tortues marines également exploitées parles flottes de pêche au large de la Guyane et dans l’océan Atlantique en général.

Ces études apportent ainsi de nouvelles connaissances sur cette espèce, mais également une base scientifique d’aide à la décision pour la conservation de ces espèces et de leur habitat marin.

Le lamantin

Les côtes rocheuses de Guyane sont les seuls sites rocheux affleurants entre les fleuves Amazones et Orénoque, soit sur près de 2000 kms. Ces dernières pourraient avoir une grande importance pour la migration des tortues vertes dans l'océan Atlantique.

Lorsque l’on regarde attentivement près des côtes rocheuses, il n’est pas rare de voir les narines de la vache de mer apparaître à la surface de l’eau pour respirer.

Selon les spécialistes, il existerait dans le monde trois espèces de lamantin qui sont répartis sur la côte occidentale de l’Afrique, dans le bassin amazonien et du Brésil au golfe du Mexique et dans le bassin caribéen. Les lamantins sont des mammifères, herbivores non ruminants, se nourrissant exclusivement la nuit. L’espèce (Trichechus manatus) est la seule présente en Guyane.

Malgré une taille qui peut atteindre 4,50 m pour un poids de 600 kg, un corps rond et d’apparence massive, les lamantins sont totalement inoffensifs et possèdent unedouceur naturelle qui les rend attirant. Ces sirènes des mers, qui selon la légende charmaient les marins, sont menacées par la destruction de leur habitat par l’homme, de l’ingestion des déchets d’origine anthropique, par la pêche et les hélices des bateaux.

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Emergence de tortue luth

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Dauphin sautalie