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4 - Les menaces de l'homme sur les cours d'eau

Les cours d'eau sont vitaux pour la vie quotidienne des hommes mais à l'échelle de la planète, ils sont aussi grandement altérés et menacés par les activités économiques et les gestes quotidiens de chacun.

Si en Guyane, ils demeurent encore préservés, les dégradations localisées peuvent être très importantes et durables. Les causes sont multiples, depuis l'exploitation aurifère alluvionnaire, en passant par la pollution agricole ou domestique...

Sommaire

4.a- Les activités aurifères

L'orpaillage est la principale menace pour les rivières guyanaises. Les impacts de cette activité sur les cours d'eau sont multiples. On peut citer la la dérivation du lit de la rivière, la remobilisation des matières en suspension qui étouffent les végétaux et gêne le développement des poissons.

La faune aquatique peut être perturbée par la dégradation de la rivière mais aussi contaminée par le relarguage éventuel de mercure (issu naturellement des sols ou du fait de techniques maintenant illégales d'exploitation), qui s'accumule tout au long de la chaîne alimentaire. On a mesuré 50 millions de fois plus de méthylmercure dans les muscles d'un aïmara que dans l'eau, soit trois plus que les normes en vigueur. Pour en savoir +

4.b - L'agriculture

Comme partout dans la grande région amazonienne, le sol est pauvre en nutriments et les cultures sont envahies par nombre d'espèces considérées comme nuisibles (fourmis manioc, limaces autres insectes, mauvaises herbes). Aussi, pour nourrir le sol et protéger ses cultures, l’agriculteur a recours à un duo composé de pesticides et d’engrais. Mais, l’usage excessif des produits chimiques et certaines techniques culturales ont des impacts sur le milieu naturel. Pour en savoir +

4.c - La production d'énergie

En 1994, la société EDF a construit un barrage sur le fleuve Sinnamary au lieu dit Petit-Saut. La mise en eau de la retenue a été réalisée sans qu'il n'y ait eu un déboisement préalable des 310 km ² de forêt. Ceci a eu de nombreux impacts sur le milieu.

La forêt immergée a commencé une lente décomposition qui a absorbé en profondeur, une bonne partie du dioxygène dissous de l'eau. Ainsi, cette eau qui s'écoulait en aval du barrage était pauvre en oxygène et à alors provoqué la mort des poissons. Pour palier à ce problème, les ingénieurs ont rajouté un seuil en aval du barrage permettant de réoxygéner l'eau à la sortie des turbines. La décomposition de la forêt à également entraîné des rejets de sulfure d'hydrogène et de méthane. Ces gaz à effet de serre très toxiques participent au réchauffement climatique de la planète.

De plus, les petites unités de production d'énergie placées le long des cours d’eau sont des sources de pollutions en hydrocarbures et huiles usagers. En effet, les déchets en huile de vidange sont la plupart du temps stockés ou rejetés sur le site. Selon la DRIRE, il existerait environ 10 sites pollués de ce type. Le transport du gasoil et de l'huile pour les groupes électrogènes de ces centrales autonomes de même que la manipulation sur les berges accroissent les risques de pollution.

Photo

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Vue aérienne du barrage de Petit-Saut à ses débuts

Ressource

Le barrage hydraulique de la commune de Mana

Article : K. ALCIDE, 2006 - Projet hydraulique, la mair...

En savoir +

4.d - Les activités domestiques

Les objets qui ne sont plus utilisés sont souvent jetés soit directement dans le cours d'eau (l'eau est perçue comme grande réparatrice par le fait qu'elle cachent les déchets aux yeux du quotidien) ou stockés sur leurs berges sous forme de décharges sauvages. Les lixiviats provoqués par le ruissellement de l'eau sur ces déchets peuvent entraîner nombres de matières toxiques dans l'eau. Pour en savoir +

Les eaux usées domestiques rejetées dans le milieu naturel après un traitement insuffisant ou en absence de traitement , peuvent dégrader la qualité de l'eau et du milieu aquatique et être à l'origine de maladies pour l'homme. Pour en savoir +.

4.e - La chasse et la pêche exagérées

La chasse pratiquée à pied ou le long des criques, peut entraîner une diminution importante des espèces présentes. Parmi les espèces aquatiques une diminution importante du nombre de caïmans est notée dans toutes les zones chassées de Guyane. Les tapirs ou encore les pacs voient également leurs nombres diminuer de manière constante.

Le savais-tu ?

D’après les textes de loi qui protègent la loutre, une personne qui en tuerait une de manière volontaire peut être condamnée à six mois de prison et 9000 euros d’amende.

Depuis moins de 10 ans, la croissance démographique, la sédentarisation des villages possédant un dispensaire ou une école et l'entrée des sociétés traditionnelles dans une économie monétaire et de consommation incontournable, sont des facteurs pesant fortement sur la pression de pêche. Celle-ci sert encore essentiellement à nourrir les familles mais le besoin d'argent (l'essence est le premier poste budgétaire) motivé par l'accès aux biens de consommation, a généré des campagnes de pêche et de chasse à but commercial. certains sites à proximité des villages sont surexploités, les stocks de certains poissons sont affaiblis obligeant les personnes à aller de plus en plus loin pour en trouver.

4.f - Les transports fluviaux

Les transports fluviaux dans leur ensemble ont un impact négatif direct sur la qualité des eaux de surface. L'importance de ces impacts est évidemment proportionnelle à la fréquentation des fleuves, fréquentation en progression avec celle de la démographie et du tourisme. Cet impact est accentué à proximité des appontages. Le transport de certaines marchandises notamment les hydrocarbures destinés aux centrales électriques et aux pirogues, présente lui-même un caractère dangereux vis à vis de l'environnement.