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3 - Des cours d'eau au service de l'homme
Les services rendus par les cours d'eau sont nombreux et importants car ils conditionnent autant la vie sociale que la vie économique de l'ensemble des populations.
Depuis l'approvisionnement en eau, la pêche à la navigation et la baignade ou le tourisme, ils sont au coeur de chaque instant de la vie quotidienne.
3.a - Les bénéfices économiques
L'exploitation d'or alluvionnaire
L’activité aurifère s’effectue en grande partie dans le lit des cours d’eau. On parle d'exploitation aurifère alluvionnaire. C’est la deuxième activité à l’exportation derrière l'industrie spatiale.
Le transport
De plus en plus, les cours d’eau participent à la croissance de l’économie en Guyane. Les transferts volumineux d’objets et de ressources comme les hydrocarbures entre le littoral et les communes de l’intérieur se font par pirogue.
Le développement de l’écotourisme en Guyane permet de faire découvrir des cultures et des modes de vie différents. Il permet également d’apprécier toute la biodiversité de la Guyane. Ainsi, des sociétés touristiques proposent à leurs clients, la remontée ou la descente des fleuves en pirogue, des randonnées en kayak sur les criques.
L'industrie pharmaceutique
En 2004, une société internationale pharmaceutique a commandé le prélèvement de la salade Koumarou, afin de réaliser des produits cosmétiques à partir de celle-ci.
La production d'énergie
Elle représente 18 % de l’offre énergétique de la Guyane. L’énergie hydraulique a pour but de transformer en électricité la force de l’eau.
En Guyane, trois ouvrages hydrauliques produisent de l’électricité à partir de la puissance de l’eau. Le premier est bien sûr le barrage de Petit Saut qui fourni 60 % de l’électricité de la Guyane.
La centrale de Saut Maripa sur l’Oyapock (1 MW) fonctionne « au fil de l’eau », c'est-à-dire sans retenue. Elle alimente la commune de Saint-Georges. Enfin, une micro-centrale de 15 kW approvisionne un camp scientifique qui se trouve dans la réserve naturelle des Nouragues sur la commune de Régina.
3.b - Des bénéfices sociaux
De tout temps, les populations se sont installées à proximité des rivières ou des fleuves, pour assurer les usages quotidiens en eau, pour se déplacer et communiquer / commercer avec les régions voisines.
L'usage quotidien
Dans les communes de l’intérieur, les cours d’eau sont des lieux de vie par excellence. Ils permettent aux femmes de se retrouver pour le bain des enfants, laver les vêtements, faire la vaisselle ou de constituer des réserves d’eau nécessaire au bien être de la maison.
Ils permettent aussi de se rendre à l’abattis, de pêcher, de rejoindre les zones de chasse ou de cueillette, de communiquer et d’échanger. Dans certaines communes situées sur le fleuve, Apatou, Grand-Santi, les élèves des hameaux se rendent à l’école en pirogue scolaire.
Les cours d’eau rythment la vie des habitants de l’intérieur. Lorsque la saison sèche est très marquée, il arrive que le faible débit de l’eau rende la navigation difficile voir impossible. Ainsi, les habitants peuvent être bloqués dans leur commune.
La pêche
Pour les populations habitant le long des fleuves, le régime alimentaire repose fréquemment sur les activités de subsistance: l'agriculture sur brûlis, la pêche, la chasse ou la collecte. De façon générale, les poissons sont considérés comme de bons aliments sans danger pour la santé.
Des études menées dans le haut Maroni ont montré que la consommation par personne et par jour pouvait attenindre entre 300 et 600 g de poisson par jour. Cette quantité élevée a pour conséquence de satisfaire les besoins nutritifs en protéines de bonne qualité. L'aïmara boulli est introduit dans l'alimentation des enfants du haut maroni avant l'apparition de la première dent. D'une façon générale, les produits de la pêche complètent ceux de la chasse et de la collecte (et inversement).
La pratique de la pêche permet aussi de tisser le lein identitaire et communautaire. La nivrée villageoise comme elle peut encore être pratiquée par les Wayana sur le haut Maroni est un évènement que personne ne manquerait, une occasion privilégiée de réactiver la vie communautaire, la solidarité du groupe et de transmettre aux jeunes les valeurs identitaires.
La chasse et la pêche représentent pour la plupart des familles vivant sur le fleuve, les principales activités lucratives leur permettant de faire face aux dépenses courantes (essence des pirogues, achat de médicament, habillement, complément de nourriture comme le sel, cartouches...). Après une grande nivrée, le bénéfice de la vente d'une dizaine de koumarou peut atteindre de 300 à 1200 euros.
La production d'eau potable
En Guyane, l’eau potable est issue à 98 % des cours d’eau, c’est à dire de l’eau superficielle. Ainsi, l’Ile de Cayenne est approvisionnée par la rivière de la Comté, la commune de Régina par l'eau du fleuve de l’Approuague et celle de Maripasoula par celle du fleuve Maroni.