Nou ka alé > Je comprends > La pêche
2 - Les impacts de l'activité de pêche en mer
Avec 5 000 tonnes de produits de la mer qui sont débarqués chaque année, l'activité de pêche en mer est un des piliers de développement de
l'économie guyanaise. Ce secteur occupe régulièrement 950 personnes environ et de ce fait, joue un rôle social très important. Toutefois, cette activité a des conséquences négatives sur l'environnement
qui pourraient menacer à long terme ses bénéfices économiques.
2.a - Impacts sur l'économie
La pêche occupe une place très importante dans l’économie de la Guyane. En 2001, tout secteur confondu, la pêche a produit 18,4 millions d’euros à l’exportation. C’est le troisième secteur à l’exportation derrière le spatial et l'activité minière. Le port du Larivot se place dans les 10 premiers ports français en valeur.
Chaque année, ce sont environ 5000 tonnes de produits de la mer qui sont débarquées sur les différents ports du littoral (Cayenne, Matoury, Kourou). L’essentiel de cette production est exportée vers la France, l’Espagne et les Antilles car les besoins du marché local ne permettent d’en écouler qu’une faible quantité. La solution serait de trouver des débouchés sur les marchés extérieurs. Pour cela, il faudrait avoir une production importante et régulière, une qualité sanitaire conforme aux normes et une campagne de promotion sur la diversité des produits que propose ce secteur.
Cependant, la situation de la pêche en Guyane s’est dégradée. Les débarquements de crevettes ont diminué de 34 % entre 1998 et 2000. Les captures annuelles de vivaneaux suivent quant à elles, une baisse plus spectaculaire (- 46% depuis 1998). Ceci s’expliquerait à cause d’une situation hydroclimatique anormale. Depuis 2003, les quantités pêchées pour la crevette et le vivaneau sont en augmentation.
Depuis quelques années, malgré une forte croissance de la demande mondiale, on assiste à une baisse du prix de vente des crevettes de petite taille. Ceci est due à l’arrivée sur le marché mondial de crevettes d’élevage qui concurrencent la crevette sauvage.
La pêche illégale recouvre une diversité de situation des amateurs qui pêchent dans les lieux interdits (zone protégée, ou dans la zone intertidale...), aux navires qui font des intrusions dans les eaux guyanaises. Ces bateaux viennent du Brésil, du Surinam ou du Guyana et parfois des Antilles. Les techniques utilisées et la fréquence des rotations augmenteraient la pression exercée sur les ressources en poissons.
Photos
Ressource
Pêche illégale dans l'Ouest de la Guyane
Article : WWF bureau Guyane, décembre 2004. Pêche illég...
2.b - Impacts sur la société
La pêche est une activité quotidienne qui fait partie du patrimoine culturel de la Guyane.
70 % des propriétaires de bateaux de pêche sont des guyanais mais seulement 30 % sont des marins. Ce secteur emploierait 750 marins qui sont pour la plupart d’origine étrangère. Les guyaniens sont embarqués pour la pêche crevettière, les vénézuéliens pour la pêche du vivaneau et du requin, et les brésiliens pour la pêche côtière. De fait, la pêche permet aux populations immigrées peu qualifiées de s’intégrer dans la vie économique et sociale de la Guyane.
L’intérêt des guyanais se manifeste plus en aval de la filière, à terre, dans les unités de conditionnement ou de transformation. Cette activité occuperait 200 personnes soit ¼ des emplois de la filière.
Ressource
Inauguration du port de Sinnamary.
Article : Daniele SAINT-JEAN, juillet 2006 - Position p...
2.c - Impacts sur l'environnement
Les modes actuels de pêcherie peuvent provoquer deux types d’impacts sur le milieu naturel et sur les populations d'espèces marines.
Surexploitation du vivaneau
Depuis une cinquantaine d’années, les professionnels réalisent une pêche quasi monospécifique du vivaneau rouge. Ce dernier représentait un peu plus de 90 % des captures de vivaneau. Dans les années 70 à 80 en raison de la faible pression sur l’espèce (15 licences attribuées) sa taille moyenne dépassait 45 cm et pesait en moyenne 1.5 kg.
Aujourd’hui, la ressource est considérée comme surexploitée. En effet, dans les années 90, le vivaneau ne mesurait que 38 cm et son poids moyen a diminué de 30 %, soit 0,7 kg. De plus, les pêcheurs capturent plus fréquemment une autre espèce de vivaneau, le ti-yeux. Ceci peut s’expliquer par l’augmentation du nombre de licences de" pêche au Vivaneau".
Trop pêché, le vivaneau n’a pas le temps de renouveler sa population, ce qui menacerait à terme la survie à long terme de l’espèce dans les eaux guyanaises.
Crevette et gaspillage
Les crevettiers tractent sur le fond de la mer deux larges chaluts qui, par le maillage utilisé, sont peu sélectifs en termes d’espèces capturées. Le chalut emprisonne, non seulement des crevettes, mais également des crabes, des espèces protégées comme les tortues marines et des poissons. Chaque année, on estime que 40 000 tonnes de capture accessoire sont ainsi prélevées et rejetées en mer pour l’ensemble de la pêcherie guyanaise.
Toutefois, les scientifiques estiment que seulement 2% de ces captures peuvent être valorisées à cause de la petitesse de la taille des individus et de la mauvaise qualité de la chair.
Ceci pourrait créer un déséquilibre dans la chaîne alimentaire. Certaines espèces qui se nourrissent de ces rejets sont favorisées au détriment d’autres espèces. L’impact de ces rejets n’est pas encore connu.