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1 - A la découverte de la pêche
La pêche en Guyane se caractérise par :
1.a - Une biodiversité marine exceptionnelle
Le plateau continental guyanais fait parti intégrante du plateau guyano-brésilien qui s’étend de l’embouchure de l’Orénoque à l’embouchure de l’amazone. La Guyane possède une grande richesse en ce qui concerne les poissons, les crustacés, les mollusques. Cette richesse est remarquable tant au niveau de la quantité que la variété. On évalue à une quarantaine le nombre d’espèces que l’on peut pêcher et vendre parmi lesquels : machoirans, loubines, acoupas, vivaneaux, crevettes brunes, pink ou orange, requins et mérou. (à compléter avec doc UICN biodiversité marine et côtière dom tom guyane) : sotalie, tortue et lamentin
Ceci s’explique par la présence d’écosystèmes côtiers comme les vasières et les mangroves qui forment des nourriceries pour beaucoup de ces espèces.
1.b - Des zones de pêche
Les espèces marines vivent dans des profondeurs qui varient entre 0 et 1000 m, en fonction de leurs capacités à tolérer l’eau saumâtre, l’eau trouble, la salinité ou la pression.
La pêche des poissons et des crustacés s’organise en bandes parallèles à la côte :
- de 0 à 15 m pour la pêche côtière et de mangrove. Les espèces récoltées sont les poissons dits blancs : loubines, machoirans, acoupas ;
- de 15 à 60 m pour la pêche à la crevette brune ;
- de 60 à 150 m sur les zones rocheuses pour la pêche aux "poissons rouges" (vivaneaux rouges, mérous et gorets) et sur les zones sableuses pour la pêche aux crevettes roses ou pink (maximum pour la pink vers 120 m) ;
- de 150 à 700 m : pour la pêche aux crevettes oranges et crevettes scarlet.
1.c - Une pêche récente et spécialisée
Malgré cette ressource abondante et variée, la pêche guyanaise ne s’est développée que depuis la fin des années 1950, et principalement du fait de l’exploitation industrielle de deux espèces : la crevette et le vivaneau rouge.
Il existe quatre types de pêcheries en Guyane.
La pêche industrielle à la crevette.
En 1961, la pêche crevettière démarre en Guyane, avec des chalutiers américains puis japonais qui exploitent les fonds compris entre 30 et 80 m. Ce n’est qu’en 1978 que le premier navire français s’installe en Guyane. En effet, suite à la mise en place de la ZEE, les licences de pêches des bateaux étrangers (américains, japonais ) ne sont pas renouvelées à expiration. Ainsi, depuis 1991, la pêcherie est européenne et toute la flotille est française.
Aujourd’hui, 63 licences de pêche sont accordées annuellement par le Préfet, à des navires français. 78 licences de pêche sont accordées par l’Europe aux pays tiers (Surinam, Brésil…), c’est-à-dire aux pays qui ne font pas parti de la Communauté européenne.
Depuis 1995, l’Union Européenne fixe chaque année un quota pour la pêche des crevettes : un Total Admissible de Capture (TAC) pour assurer le renouvellement de l'espèce. Ce TAC s’élève à 4 108 tonnes dont 4000 tonnes pour les bateaux français. Le tonnage restant est réservé aux pays tiers possédant une licence. Il est interdit de pêcher à moins de 30 mètres de profondeur.
Afin d’éviter de capturer de trop petits individus, la taille réglementaire des mailles de la poche des chaluts est fixée à 45 mm. Pour pêcher la crevette, les chalutiers congélateurs utilisent deux chaluts qui sont mis à l’eau et qui sont tractés par un seul bateau. Les chaluts sont remontés après trois à six heures de pêche. Après conditionnement les crevettes sont exportées sous forme de crevettes entières à 74 % en métropole et à 23 % vers l’Espagne.
Mais la sélectivité de ces filets demeure insuffisante. Les chaluts n’emprisonnent pas uniquement des crevettes mais également d’autres invertébrés, poissons et des tortues marines…
La pêche au vivaneau rouge
La pêche au vivaneau rouge prend son essor dans toute la région des Caraïbes et des Guyanes au cours des années 1960. Elle est alors exercée principalement par des ligneurs vénézuéliens. A partir de 1985, avec la mise en place de la ZEE les ligneurs doivent débarquer au moins 75 % de leur capture auprès d’un transformateur local. manque la réglementation récente
Chaque année, 41 licences de pêche sont accordées au Venezuela, pour une production de 1000 tonnes environ. L’équipage est composé de 10 à 14 marins. Une fois une zone propice repérée, les hommes utilisent chacun une ligne en fer galvanisé, lestée (700 g à 1,8 kg) et armée de cinq à huit hameçons sur le bas de ligne en nylon : une technique traditionnelle efficace et très peu mécanisée, qui reste inchangée depuis plus de cinquante ans.
On assiste actuellement à une raréfaction des gros vivaneaux. Aussi, les pêcheurs utilisent des nasses pour capturer les poissons et commercialisent les vivaneaux de petites tailles. La production est essentiellement exportée vers les Antilles : la Guadeloupe et la Martinique.
La pêche aux poissons côtiers
La pêche côtière se pratique jusqu’à 10 000 miles de la côte et sur des fonds compris entre 0 et 35 m. Cette activité regroupe 87 embarcations qui disposent d’une licence d’exploitation délivrée par le Comité Régional de la Pêche Maritime de la Guyane. La pêche côtière produirait environ 1 250 tonnes de poissons frais par an, écoulées sur le marché local et vers les Antilles. Une trentaine d’espèces ( acoupa, machoiran, raie, mulet...) est concernée par ce type de pêche, toutefois, c’est l’acoupa qui demeure le poisson représentatif de la pêche côtière dû fait de sa profusion et de sa valeur marchande. combien au kilo
Depuis 1992, l’Union Européenne limite la longueur du filet maillant à 2 500 m pour 10 m de chute. Le maillage qui est autorisé doit être compris entre 40 et 100 mm. Toutefois, il n’existe pas de quotas pour les quantités prélevées, ni pour la limitation concernant la taille et les espèces qui sont pêchées.
La pêche côtière est pratiquée de manière artisanale par différents types de bateaux :
- La pirogue, le canot créole, le canot créole amélioré, la tapouille. Les canots pêchent près des côtes et emploient des filets à maillage moins large si bien que leurs prises sont plus diversififées et composées en grande partie de machoirans.
- La pêche côtière se pratique le plus souvent à l’aide de filets maillants fixes ou dérivants. Bien qu’interdite par un règlement de la communauté européenne, les barrières chinoises sont encore utilisées.
Il est à noter que la quantité de poissons débarquée diffère d’un type d’embarcation à l’autre. En effet, la longueur du filet maillant, le nombre de jour de marée et le lieu de pêche ont une influence sur la pression exercée sur la ressource. Ainsi, l’effort de pêche des tapouilles est nettement supérieur à celui des autres embarcations.
La pêche hauturière des requins
Ce type de pêche n’est pas très développé car le requin n’est pas une espèce très appréciée par les gastronomes guyanais. Ainsi, la pêche hauturière des requins démarre officiellement en 1983, lorsque trois licences de pêche ont été accordées par l’Union européenne à des navires congélateurs coréens battant pavillon vénézuélien.
Ces professionnels pêchent dans les fonds marins compris entre 15 et 35 m, afin de capturer les gros individus. Ils utilisent des filets maillants dérivants mais la palangre dérivante a fait son apparition récemment. Les prises sont estimées à 600 tonnes par bateau.
Les embarcations doivent débarquer 50 % de leur pêche en Guyane, mais cette règle n’est pas toujours respectée. Ainsi, les débarquements traités à Cayenne (58 tonnes en 2001 et 26 en 2002) sont exportés vers la France.
Pour l’année 2004, quatre licences ont été accordées.