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2.a - Impacts sur l'économie guyanaise

2.a - Impacts sur l'économie guyanaise

Dans les trois Guyanes, on estime que l'activité aurifère, légale et illégale, procure un revenu direct ou indirect à près de 100.000 personnes.

En Guyane, l'activité minière est la deuxième activité industrielle en valeur à l'exportation derrière l'industrie spatiale.

En 2003, la production d'or déclarée à la DRIRE était d'un peu plus de 3 tonnes, tandis que l'or déclaré à l'exportation aux Douanes était d'environ 9 tonnes, soit trois fois plus, traduisant bien l'importante part clandestine de l'activité.

Ces 50 dernières années, près de 250 tonnes d'or ont été extraites du sous-sol guyanais. Il s'agit principalement d'or alluvionnaire et éluvionnaire, dont les gisements s'épuisent et sont appelés à se raréfier au cours des 20 prochaines années.

L'or extrait par l'activité illégale est estimé à environ 10 tonnes par an.

Le matériel (alcool, armes, carburant, carbets, nourriture, moyens de transport, matériel d'orpaillage, ...) détruit et saisi sur les sites illégaux lors des opérations Anaconda de la gendarmerie en 2005 équivaut à 1,3 tonnes d'or.

Emplois directs et indirects

En 2003, la filière "mines" comptait 85 entreprises (artisans, PME/PMI et multinationales) ; 50 entreprises déclarent 368 salariés, dont la majorité est d'origine étrangère (95 %, travaillant grâce à des Autorisations Provisoires de Travail) et 35 mineurs travaillent en leur nom propre, ne déclarant aucun salarié.

L'exploitation de l'or induit également des emplois dans d'autres secteurs d'activités tels que les transports (fluviaux et aériens), les commerces (épiceries, bijouteries…), les bureaux d'étude, les entreprises qui vendent du matériel de chantiers…

Taxes et retombées financières

La taxe sur l'or exploité et déclaré est un impôt direct local prélevé au profit des communes pour 2/3 et du département pour 1/3. Cette taxe représente pour les entreprises 0.5 % de leur chiffre d'affaires. En 2003, la taxe a rapporté 175 200 euros pour les 3 tonnes d'or déclarées.

L'activité aurifère est aussi taxée de manière indirecte (taxes sur le gasoil, octroi de mer…). Les opérateurs miniers ont obtenu en 2005 une détaxe du gasoil pour les moteurs fixes.

Des coûts non négligeables

En raison des impacts environnementaux de l'activité légale, mais surtout en raison de la part importante de l'activité illégale, l'exploitation de l'or est à l'origine de coûts importants pour la collectivité :

  • coûts de lutte contre l'orpaillage clandestin (opérations Anaconda, mobilisant des gendarmes, des moyens de transport: une journée d'hélicoptère coûte 10 500 euros...);
  • coûts sanitaires pour l'évacuation des malades et blessés, pour combattre le développement et la recrudescence de maladies;
  • coûts judiciaires liés aux interpellations, procès, reconduites aux frontières...;
  • coûts environnementaux liés au déboisement, à la dégradation et à la pollution des milieux aquatiques, à la diminution des ressources pour la chasse et la pêche (la réhabilitation d'un hectare de terrain coûte 2000 euros) …

Les bénéfices et les coûts économiques de l'orpaillage sont difficiles à évaluer du fait de l'opacité et de la forte part clandestine de l'activité aurifère. D'après les chiffres que l'on connaît, les bénéfices de l'activité sont loin d'équilibrer les coûts engendrés par l'ensemble de la filière (légale et illégale).