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3 - Comment réduire les impacts négatifs
Même si le niveau de développement et les pratiques culturales font que globalement les risques de pollution sont encore faibles, il faut dès à présent entreprendre le suivi de ces activités et mettre en place des techniques plus respectueuse de la ressource. Il est en effet plus que probable que l'activité agricole va se développer en parallèle avec l'augmentation de la population en Guyane.
Conscients des préjudices portés à l'environnement et à la santé des hommes, les professionnels se mobilisent. Il peut s'agir de mesures décidées par les pouvoirs publics comme le Contrat d'Agriculture Durable (CAD) ou des solutions proposées en réponse à une agriculture dépendante des pesticides comme l'agriculture raisonnée, la lutte biologique, l'agriculture biologique...
Mais c'est aussi à chacun d'entre nous de les soutenir dans cette démarche et d'agir à son niveau pour rendre meilleures ces activités ici et ailleurs sur la planète.
3.a - Mieux gérer les ressources en eau
Les liens entre l'eau et les activités agricoles sont de deux types : les milieux aquatiques fournissent la ressource en eau valorisant la production agricole mais sont aussi les milieux récepteurs des rejets des activités agricoles (engrais, phytosanitaires et matières organiques). De fait, assurer un usage raisonné et maîtrisé des ressources en eau doit être un objectif majeur pour un développement agricole durable.
L'exploitation durable de la ressource en eau doit être à la fois adaptée aux besoins réels, à la productivité et au système de production utilisé. Il s'agit de ne pas compromettre irrémédiablement ni quantitativement, ni qualitativement la ressource en eau. Mais contribuer à une gestion équilibrée de l'eau suppose aussi de veiller au respect d'éventuels autres usages et à la préservation de la ressource et des milieux aquatiques associés (article 1 et 2 de la loi sur l'eau).
Pour atteindre cet objectif, le Schéma d'Aménagement et de Gestion des Eaux (SDAGE) Guyane préconise la mise en place des actions suivantes :
- évaluer les quantités et qualités de la ressource en eau disponible (cours d'eau, eau souterraine), ses conditions d'exploitation, sa variabilité et sa vulnérabilité (rejets, lessivage des engrais et phytosanitaires), au regards des besoins exprimés et impacts des activités agricoles
- promouvoir la gestion collective des systèmes d'irrigation pour optimiser les prélèvements et les usages.
3.b - Améliorer les pratiques agricoles
En parallèle à la proposition de mesures et règles d'usage pour les engrais et des produits phytosanitaires, il sera nécessaire d'améliorer la connaissance sur les pratiques actuelles et leurs impacts notamment dans les secteurs à forte production de la riziculture, du maraîchage et de l'arboriculture mais aussi de l'élevage intensif.
Certains projets d'aménagements urbains ou rurales agricoles font apparaître des risques sur la qualité de l'eau à l'aval, vis-à-vis de l'approvisionnement en eau potable (captage de la Comté, crique Yiyi...). La concertation entre tous les acteurs doit être développée pour gérer les situations actuelles mais aussi anticiper et prévenir d'éventuels conflits d'usage.
Enfin, il sera nécessaire de promouvoir le développement de pratiques agricoles plus respectueuses de la ressource en eau et de l'environnement. Différentes préconisations à la matière existent qui relèvent de ce qu'on appelle :
- la culture biologique
- l'agriculture raisonnée
- le contrat d'agriculture durable
- l'agriculture biologique
La lutte biologique
La lutte biologique s’est développée dans les années 60, suite à la mise en évidence de l’impact négatif des pesticides et l’inefficacité de certaines techniques.
Ce procédé consiste à rechercher un équilibre entre l’insecte nuisible et ses ennemis naturels de façon à réduire ou à éliminer la nécessité de la lutte chimique.
Exemple de lutte biologique déjà mis en place en Guyane
- En 1994, une mouche noire, l’aleurode noire des agrumes provoque des ravages dans les vergers d’agrumes. Une guêpe parasitoïde, l’Encarsia opulenta, a été utilisée pour lutter contre ce nuisible. L'Encarsia opulenta pond dans les œufs de l'aleurode une larve qui va se développer dans l’œuf et manger le contenu. Ainsi, la descendance du ravageur est détruite, alors qu’un nouvel adulte auxiliaire sortira de l’œuf parasité.
- En 2000, les cultures ont été envahies par la cochenille rose de l'hibiscus maconellicocus hirsutus. Les coccinelles cryptolaemus montrouzieri (adulte et larve) se nourrissent naturellement de ces cochenilles. Alors, les scientifiques ont importé d’Europe de grande quantité de coccinelles du Brésil qu’ils ont répandu massivement en Guyane. Ce fut une très grande réussite.
L'agriculture raisonnée
Les organismes agricoles orientent les agriculteurs vers le développement de l’agriculture « raisonnée ».
Cette dernière peut être définie comme une agriculture qui utiliserait les doses minimales de photypharmaceutiques pour lutter contre les espèces envahissantes mais à partir d'un certain niveau de parasites. Les professionnels appliqueraient un traitement sur des risques constatés et non pas de façon systématique et planifieraient les défrichements, conservant des zones naturelles et des zones arborées en des lieux choisis pour des raisons de pente, de sol, de paysage, de végétation particulière. A l'heure actuelle, les exploitants sont rarement formés à de telles techniques. Le passage à une agriculture raisonnée nécessitera un effort de formation continue très important.
Cette action passe par des formations des agriculteurs sur toutes les techniques culturales : la rotation des cultures, les précautions à prendre lors de l’utilisation des produits phytosanitaires, l’établissement de seuils pour commencer le traitement et la maîtrise du défrichement.
Le Contrat d'Agriculture Durable
Le Contrat d'Agriculture Durable a été créé par le décret n° 2003-675 du 22 juillet 2003. Il vise à développer une agriculture plus respectueuse de l’environnement. Il porte en particulier sur la contribution de l'exploitant agricole à la préservation des ressources naturelles, à l'occupation et à l'aménagement de l'espace rural en vue d’un développement durable.
Le CAD comprend deux volets :
- un volet agro-environnemental obligatoire qui est une mesure compensatrice pour pallier les surcoûts et le manque à gagner liés à la mise en place de pratiques plus respectueuses de l’environnement. Il vise à améliorer la qualité des sols et à mieux gérer la biodiversité.
- un volet socio-économique, s’élevant à 15 000 euros maximum, vise à accompagner l’exploitant dans la diversification de ses productions et des activités mais également dans le perfectionnement du système d’exploitation.
Le Contrat d'Agriculture Durable est passé entre un exploitant agricole et l'Etat pour une durée de 5 années. En Guyane, les exploitants choisissent les mesures qui sont répertoriées soit dans un contrat type départemental qui concerne l’ensemble du département, soit dans un contrat-type territorial qui est réservé aux exploitants qui se trouve dans les Zones Naturelles d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique (ZNIEFF). Les agriculteurs qui adhèrent à ce contrat peuvent également contracter un contrat type départemental.
Les professionnels qui s’engagent doivent respecter un cahier des charges précis. Dans le cas d’une action agroenvironnementale « gestion extensive de la prairie par pâturage obligatoire », l’exploitant doit par exemple limiter la fertilisation minérale totale entre 30 et 60 unités/hectare et par an. Le désherbage chimique spécifique n'est autorisé que sur avis du comité technique. L’exploitant doit également tenir à jour des cahiers de fertilisation et de pâturage.
En Guyane, trois agriculteurs-éleveurs se sont engagés dans un CAD de type départemental. Leurs exploitations sont situées sur les communes de Sinnamary, de Macouria et de Montsinery.
L'agriculture biologique
L’agriculture biologique est définie par le règlement de l’Union européenne n°2092/91 du 24 juin 1991, pour les productions végétales. Les règles à respecter pour les productions animales sont définies par le cahier des charges CC REPAB F.
L'agriculture biologique exclut l’usage de produits chimiques de synthèse, des OGM (organisme génétiquement modifié) et limite l’emploi d’intrants comme les engrais. Elle se positionne comme étant une alternative au mode de production actuelle.
L’agriculture biologique poursuit principalement deux objectifs :
- un objectif écologique : il s’agit du respect des écosystèmes naturels, en préservant la qualité des sols, la biodiversité, l’air et l’eau. Ce mode de production emploie des méthodes spécifiques destinées à favoriser les processus naturels (rotation des cultures, épandage d’engrais verts, de matières organiques compostées…).
- un objectif socio-économique : ils concernent le respect de la vie humaine, en proposant des produits sains et de bonne qualité, en établissant des liens directs avec le consommateur, en permettant aux agriculteurs de vivre de leur production, en permettant l’embauche de main d’œuvre.
En France, l’Etat a créé un logo AB pour agriculture biologique (photo AB) qui garantit que l'aliment est composé d'au moins 95 % d'ingrédients issus du mode de production biologique. Ce logo confirme que le produit a été contrôlé par un organisme certificateur agréé par les pouvoirs publics français.
En Guyane, 5 agriculteurs ont obtenu le label AB (Agriculture Biologique), ainsi qu’une entreprise de fabrication de savons et d’huile. Une procédure de labellisation est en cours pour un verger
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Connais-tu d'autres techniques pour lutter naturellement contre les ravageurs ?
Autrefois, les agriculteurs utilisaient les graines de Cachiman pour lutter contre les puces et les poux, le feuilles de tabac macérées dans l'ea...
Pourquoi pense-t-on que mettre plus d'engrais/pesticides serait plus efficace ?
Ressource
Recensement des nématodes des Départements Français d'Amérique.
Article : F. Laby, 2006 - L'IRD vient d'établir un inve...
3.c - Former et accompagner les exploitants
Les exploitants agricoles de Guyane ont besoin d'un encadrement technique pour les aider à maîtriser les nouvelles techniques, notamment celles sans produits chimiques. La majorité d'entre eux sont jeunes et rarement formés aux techniques à moindre impacts.
On a pu constater dans les villages éloignés, que les jeunes partis faire leur scolarité et leurs études ne reviennent au village que pendant les vacances scolaires; n'étant pas présents en saison sèche, quand se fait le gros du travail (abattis, semis), ils n'apprennent pas toutes les finesses de l'agriculture traditionnelle (où au moins vingt espèces ou variétés différentes étaient cultivées en moyenne sur une parcelle de moins de 1 hectare. Aussi recourent-ils le plus souvent à des solutions plus dommageables pour l'environnement.