Le fleuve Sinnamary

Carte d'identité

Le Sinnamary est le 5ème fleuve de la Guyane avec 250 Km.

Le bassin versant mesure 6 500 km.

237 m3/s à Petit-Saut, avant l'ouverture du barrage.

Le Sinnamary prend naissance dans le Massif Central, s’écoulant du sud vers le nord. Il se jette dans l’océan atlantique.

Il est alimenté principalement par la crique Courcibo, la crique Tigre et la crique Leblond.

Saut Dalles, Saut Parasol, Saut 2 Roros

Le Sinnamary constitue la frontière entre les fleuves de l’ouest : Mana, Maroni et les fleuves de l’est : Kourou, Oyapock entre autre.

Les études physico-chimiques menées sur le bassin versant montre une homogénéité des eaux du fleuve. En effet, les eaux sont chaudes, acides, peu conductrices mais riches en oxygène dissous. Ce qui caractérise les eaux du Sinnamary, c’est la grande teneur en matière organique dissoute ainsi, que les concentrations en fer et en silice. En outre, ces eaux sont classées claires selon la nomenclature applicable aux eaux amazoniennes.

Pour répondre à la demande croissante d’énergie en Guyane, la construction d’un barrage hydraulique a débuté en 1989 au lieu dit Petit-Saut sur le Sinnamary. La mise en service intervient en 1994. La mise en eau de la retenue a inondé 310 km² de forêt équatoriale créant ainsi près de 400 îles et îlots.

La construction du barrage a eu de nombreuses répercussions sur le fonctionnement du cours d’eau, le régime des crues naturelles a été modifié, le cours normal de la rivière a été interrompu et la retenue a transformé un milieu d’eau vive en milieu lacustre. Or, en milieu tropical, l’eau des lacs se stratifie. La partie supérieure du lac appelé (épilimnion), est oxygénée et permet le développement de la vie aquatique. Tandis que la zone profonde appelée hypolimnion est dépourvue d’oxygène. C’est dans cette partie que l’on retrouve les plus grandes concentrations de méthane.
Ainsi, lors des premières années de production, il a fallu installer un seuil aérateur en aval du barrage, à la sortie des turbines. Ce dernier par la mini cascade qu’il formait, permettait de réoxygéner l’eau et de supprimer une partie des gaz réducteurs. Cependant, le seuil diminuant la hauteur de chute, entraînait une baisse de la production d’énergie.
L’épilimnion, d’une épaisseur de quelques centimètres lors de la mise en eau, augmente régulièrement au fil du temps. Il varie maintenant entre 6 et 8 mètres selon les saisons.

Ainsi, la qualité de l’eau du lac s’améliore. Le seuil oxygénant a été diminué fortement, en suivant les concentrations en gaz dissous en aval de l’ouvrage. Les structures ont toutefois été conservées pour permettre une réinstallation rapide en cas d’événement exceptionnel.

Les activités d’orpaillage menées sur les affluents du Sinnamary situés en amont du barrage de Petit Saut, sont à l’origine de rejets de mercure dans ce fleuve. La formation du méthyl mercure c’est-à-dire la forme organique du mercure est accentué par la présence du barrage car la retenue d’eau est un milieu anoxique et riche en matière organique. Le méthylmercure est introduit dans la chaîne alimentaire par le plancton où l’on observe le phénomène de bioaccumulation.
Ainsi, en 2001 une enquête a été menée sur un échantillon représentatif de la population a révélé que 5 % de la population de la commune de Sinnamary présente une concentration de mercure supérieure ou égale à 10 ug/g de cheveux.
L’analyse des facteurs de variations de l’imprégnation mercurielle montre qu’un mode de vie traditionnel, basé sur une consommation des produits de la pêche et de la chasse en forêt a révélé une concentration élevée de mercure dans le cheveu.
Ces résultats sont rassurants car les concentrations sont inférieures au limite de dangerosité fixée par l’OMS. Toutefois, il faut en tenir compte et continuer les études.

 

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Le programme pédagogique Sololiya a reçu le soutien financier des fonds européens (FEDER), du WWF France, de la Direction de la Santé et du Développement Social de la Guyane et de la Région Guyane.